Rétines - 2010

Prémonitions

 

 

ou portraits de végétations 2010

 

Préambule


Durant l'été 2000, j’ai réalisé un portrait de David Lipsky*1, écrivain américain rédigeant un ouvrage

sur West Point NY : “Rencontre du Voyage*2. J'ai photographié entre autres “La forêt aux Ours*3 qu'il arpentait avec les jeunes cadets, pour son livre commandé par l'armée américaine.

 

Un arbre blanc, mort, figé, sans trace de vie au milieu d'une forêt d'été, devint pour moi une obsession photographique. J’ai commencé à le capter avec l’objectif pour ensuite y revenir toutes les saisons suivantes : seul but pour retraverser l’Océan conjugué à celui de poursuivre le portrait de l'écrivain

à l'écriture.

Prémonitoire, car je compris plus tard qu'il annonçait pour moi le 11 septembre 2001, date à laquelle je me trouvais à New York.

 

 

L'arbre, par ses ramifications entre Ciel et Terre symbolise le Yin et le Yang.

 

Ces photographies d’arbres, ont été réalisées en septembre 2010 sur les berges de barthes*4

et ruisseaux dans les Landes, et plus précisément là où la végétation ne s'oriente plus vers le ciel

mais se déverse naturellement dans l'eau en milieux humides et devient refuge animalier.

 

Ces végétations se désintègrent de plus en plus avec le temps et la pollution déversée.

 

Par leur aspect blanc, les arbres vidés de toute vie sont-ils eux aussi signes prémonitoires ?

 

La représentation photographique de l’ensemble du paysage, en grand angle et en couleur,

laisse place ensuite au Blow-up noir et blanc, négatif/positif, yin/yang, pair/impair, qui refait apparaître l’arbre dans sa noirceur, tel qu’il vivait avant sa dégradation.

 

Paradoxalement, la mousse et le lichen enveloppant les arbres en fin de vie, sont les indicateurs d’une absence de pollution de l’air (Résidence en Limousin, Appelboom 2005).

 

Le Ginkgo en est un bel exemple !

 

1 David Lipsky, Absolutely American : four years at West Point

2 Rencontre du Voyage, exposition Festival Terre d'Images, Biarritz 2002

3 La Forêt aux Ours, exposition personnelle, galerie Farideh Cadot, Paris 2000

4 En Gascogne et au Pays basque, on appelle barthe les plaines alluviales inondables longeant les cours d'eau.



 

 

 




Sources : Aucune